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:: Mon Jardin, mon Désert ::

 
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Falki


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Joined: 11 Mar 2009
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Féminin Bélier (21mar-19avr)
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PostPosted: Fri 12 Jun - 21:45    Post subject: Mon Jardin, mon Désert Reply with quote

Saaluut les gens, je me suis enfin décidée à poster cette nouvelle de mon crû (ça fait deux semaines que je le remet au lendemain ^^'). Donc voilà, c'est une histoire qui m'a en partie été inspirée par un de mes rêves.
/!\ c'est du "moi" c'est bizarre, curieux, singulier, abracadabrant, étrange, déjanté, loufoque, déconcertant, saugrenu, aberrant, farfelu, bref à peu près ce que vous voulez. Bonne lecture et ne lésinez pas sur les questions, critiques, conseils, (tomates... ) c'est gratuit >_<

NB: ce n'est pas un texte destiné à être "mis en BD" et j'ai pas d'illustration pour l'instant (p'têtre quand j'aurais le temps, et pas sûr parce que j'ai d'autres nouvelles sur le feu). Copyright : moi et personne d'autre Mr. Green


Le Désert


Je sortis dehors. La vivacité du soleil m’éblouit un instant, je titubai  puis je m’élançai dans l’herbe rase du jardin avec entrain et bonne humeur.
 
D’un coup, le monde s’agrandit et je me retrouvai à marcher parmi des brins de végétation aussi élevés que des gratte-ciel.
Je continuai ma route, marchant droit devant moi. Une force invisible était présente à mes côtés, je la sentais. Faite de douceur et de fermeté, je savais qu’elle était là pour me protéger : j’avançais avec confiance.
Au bout d’un instant, j’aperçu de grands meubles en bois noir. C’était des bibliothèques, râpées, usées et complètement dévernies. De nombreux livres polychromes s’alignaient le long des rayons. Je pu lire de multiples titres : « Le football contemporain » « La cuisine des anciens temps » « La Grèce, tragédies antiques » « L’art, occupation séculaire ». J’empoignai ce dernier et commençai à le lire. Passé quelques chapitres, je le mis sous mon bras et regardai d’autres ouvrages, dont certains que je feuilletai aussi, mais je fini par les reposer un à un.
Je le vis alors : c’était une œuvre énorme, magnifique, couverte de cuir à grain très fin, reliée d’or et incrustée de pierreries. Le titre était lui aussi en lettres d’or : « L’incognoscible ».
D’ailleurs, il n’était pas seul sur l’étagère. Il y en avait des centaines, semblables.
Je le saisis, avide de découvrir son contenu. A peine eu-je touché la première page qu’elle se réduisit en poussière, ainsi que toutes les suivantes. Ne me resta que la chatoyante mais inutile couverture. Anéantie comme quelqu’un qui se rend compte que la chose à laquelle il aspirait par-dessus tout était la seule inaccessible, je décidai de laisser ses pairs à quelqu’un qui pourrait un jour les ouvrir sans risque. Je me repris et continuai la marche entre les bibliothèques, le bouquin sur l’art toujours sous le bras.
La présence rassurante s’estompait au fur et à mesure que j’avançais. Mais bientôt, j’entendis des bruits de pas derrière moi. Faisant volte-face, je vis une jeune fille qui marchait elle aussi l’air distraite. Nous fîmes connaissance, nous feuilletâmes ensemble mon livre, bien qu’elle eût le même avec elle. D’un coup, elle tourna, prit un sentier adjacent et disparu. « Restons en contact ! » me lança-t-elle cependant...
Plus de présence rassurante à présent. Je me rendis aussi compte que j’avais grandi : j’arrivais au tiers des herbes qui auparavant semblaient inatteignables.
Je fis d’autres rencontres, toutes éphémères. Nous eûmes à peine le temps d’échanger quelques mots que déjà les chemins de chacun divergeaient.
Puis un jeune homme m’accosta. Il était différent des autres : son itinéraire convergeait avec le mien. Nous marchâmes longtemps main dans la main, alternant entre silences et conversations. Nous ne regardions plus le décor défiler comme nous l’avions fait jusqu’à présent pour passer le temps. Ce fut un moment vraiment agréable : pouvoir partager tant de choses, c’était comme une osmose, chaque seconde nous rapprochait. Finalement, et contrairement à nos attentes, nous arrivâmes à un carrefour : il ne put prendre la même direction que moi, et c’est avec regrets et pleurs que nous nous séparâmes.
Je continuai ma route, seule. Pour tromper l’ennui, je pris mon mp3 et le branchai. La musique dégringola dans ma tête. Je m’en lassai vite et, excédée, j’arrêtai ce vacarme.
Je marchai toujours. Je fini par trouver cela enivrant. Une brise agréable, fraîche juste ce qu’il faut, agitait mes cheveux. Je les sentais battre faiblement contre ma joue, couler doucement contre mon cou. Le soleil les réchauffait. L’air était saturé d’arômes subtils, plaisants et d’une musique câline qui glissait doucement. La terre même était accueillante sous mes pas. J’avais encore grandi et je voyais au loin, par-dessus les herbes, d’immenses plantes qui accrochaient les nuages qui filochaient, des fleurs colorées aux reflets opalins, toute une luxuriance calme et verte. Et au loin, loin au devant, il y avait un grillage qui n’avait eu de cesse de hanter mes rêves et que j’étais sûre d’atteindre un jour.
 
J’avais marché longtemps. Mes pieds commençaient à protester, malgré mes efforts pour les faire taire.
J’y étais.
Devant la grille.
Après avoir tant douté.
Je me retournai. Le chemin du retour était devenu impraticable, les brins d’herbes s’étaient refermés derrière mes pas, formant une forêt vierge.
Je n’avais qu’une échappatoire face à la végétation envahissante qui menaçait. Je regardai la grille : faite simplement de fer, elle n’était même pas rouillée. Le maillage était assez large, mais la barrière s’élevait fort haut.
Empoignant une première maille, glissant mon pied dans une autre, j’entrepris péniblement l’escalade.
Il me fallut moins de temps que je ne le pensais pour atteindre le sommet. Je passai alors de l’autre côté et commençai la descente. Dans mon dos, d’immenses dunes s’étaient amoncelées, apparemment faites de poussière grise ou de cendres. Vraiment inhospitalière, rien ne semblait y pousser.
Au moment où je mis pied à terre, je fus prise d’un frisson. Une douce torpeur traversa tout mon être. A moitié endormie, je regardai avec un délice fantasque mon corps se désagréger en cette même poussière grise que celle qui composait ces dunes.
Et les reliques de mon âme se fondirent avec celles qui s’étaient éparpillées avant elles.
 





Le Jardin 

Oh, elle était perdue, la petiote. Elle avait besoin d’aide peut-être... Sûrement...
J’aimais à me parler à moi-même pour me sentir moins seule. Je préférais la folie à la solitude. J’étais tellement seule que je me demandais si quelque chose d’autre que moi existait.
Jamais entendu parler en tout cas, mais alors c’était stupide de se sentir seule dans ces conditions-là. Je finissais toujours par me persuader que quelque chose existait quand même le paysage m’en apportait les preuves contraires.
Un paysage vide, mais rempli de poussière. Une poussière grise qui se soulevait par petits nuages à chaque pas. D’ailleurs, je marchais en regardant mes pieds pour regarder ces pauvres étincelles de vie inanimée mourir en quelques secondes. C’était un peu rassurant.
 
Quelque chose a bougé. Quelque chose...
J’espérai que ce n’était pas un scorpion, ou une vipère, ou un monstre. Stupide réflexion, je ne savais même pas à quoi ça pouvait bien ressembler.
Tu ne sais pas ce que c’est ? C’est d’une ironie...
Je commençai à m’énerver contre moi-même, et me sommai de me taire.
En fait, rien n’avait bougé. Mais quelque chose vivait. Pour la première fois, je pris conscience que cette poussière grise battait faiblement, comme un cœur à l’agonie.
Je posai la main sur le sol. Il n’était pas froid, il n’était pas tiède. Très étrange.
Très étrange, en effet, un sol vivant. Je m’attendais presque à ce qu’un énorme gouffre s’ouvre et m’engloutisse afin d’assouvir la faim de la terre. Après tout, il faut bien qu’un être vivant se nourrisse, et j’étais la seule chose susceptible de servir de nourriture.
T’es-tu déjà nourrie, toi ? Moi jamais...
Il n’y eu pas de gouffre, ni de gueule affamée, ni quoi que ce soit. Ce qui, au fond, n’avait rien d’étonnant. Il ne se passait jamais rien. Excepté dans ma tête.
Toujours le même désert gris, toujours ces dunes exaspérantes, partout. Sauf dans le ciel (je levai la tête). Quoique, le ciel aussi était désert, gris, et donc exaspérant.
A quoi bon ?
Je m’assis sur le sommet d’une dune, semblable aux autres. Peut-être un peu plus grande, mais ça, j’en n’avais rien à faire. L’horizon n’annonçait rien de nouveau. C’est du moins ce que je crus de prime abord.
Assis, on voit mieux les choses.
Je ne savais plus d’où je tirais cette citation, mais en plissant bien les yeux, on pouvait apercevoir des choses, justement. Des choses vertes, ou des choses qui semblaient vertes. Je me remis debout car, quoi qu’on en dise, il est plus aisé de voir les choses lointaines en étant sur ses deux pieds.
Je me remis en marche, bravement.
Bravement ? Il n’y a jamais aucun danger...
Il fallut dépasser de nombreuses dunes avant de voir clairement quelque chose, mais plus je me rapprochais, plus je mesurais l’ampleur des « choses ». Ce n’était pas vraiment des choses, mais plutôt des plantes. Non, en fait, c’était réellement des plantes. Mais il y avait quelque chose, encore, entre les plantes et moi.
 
Un grillage. Très énervant. Très, très énervant. Vraiment. Si j’avais eu un bulldozer, je l’aurais écrabouillé.
Tu n’as pas ton permis...
Les plantes, de l’autre côté, semblaient me narguer. Il y avait une forêt de brins d’herbe hauts comme des immeubles. Menaçants, intrigants –forcément intrigants, je n’avais jamais rien vu de tel ; menaçants, et assez effrayant.
Forcément...
Je secouai vainement -et bêtement- ce grillage en fer, si impeccablement décapé qu’il était encore plus frustrant. Je le rayai avec mon ongle juste par provocation. Très puéril, mais comme j’étais seule, je ne me souciai pas des apparences, puisque personne n’était là pour les pointer du doigt –ce qui, à mon sens, était simplement plus puéril encore.
Bon, tu ne vas pas rester là toute la sainte journée...
Je regardai une nouvelle fois le ciel. Aucune surprise, il était toujours gris. On n’aurait pu déterminer si c’était journée ou nuit. Jamais étoile, lune ou soleil ne semblait y avoir vécu un jour.
D’un coup curieuse, je passai la main à travers les larges mailles. L’air, de l’autre côté, était différent. Il n’était pas immobile, figé. Mais il ne bougeait pas vraiment non plus. Perplexe, je me grattai la tête.
Il faudrait que je me lave les cheveux...
Mais il n’y avait pas d’eau. Tant pis, j’avais d’autres problèmes –qui n’en étaient pas vraiment, sois dit en passant.
Décide-toi à la fin !!
L’autre côté n’avait pas l’air particulièrement hostile si on oubliait la jungle des brins d’herbe géants. La terre n’était même pas grise là-bas –ce qui me sembla un détail essentiel. J’empoignai le grillage et m’agrippai tant bien que mal en essayant de monter. Parvenue laborieusement au sommet, j’entrepris la descente plus facilement et je mis enfin pied à terre.
 
Je m’engageai dans un sentier, défiant les colosses verts du regard. Je n’en menai pas large...
Ici il y avait des bruits, je n’aurais plus besoin de me faire la conversation. Mais ici, il n’y avait personne non plus, et c’en était presque vexant. Prise d’un accès de folie plus inquiétant que les autres, je hurlai : « QUELQU’UN !! ». Même l’écho refusa de me répondre.
 
J’étais sortie du sentier et évoluait au cœur de la forêt (gazon ou pelouse auraient été plus appropriés quand même). Je m’arrêtai et senti aussitôt des chatouillements (je ne pus que m’en réjouir, il se passait enfin quelque chose). Je me regardai verdir lentement. J’eu bientôt conscience que mes orteils et mes jambes s’effilochaient pour plonger allègrement dans la terre humide.
 
Je me dis vaguement que je n’aurais pas dû m’arrêter, puis je rejoignis l’immense esprit végétal qui régnait, et devint moi aussi spectatrice d’un théâtre au ralenti.

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Analuna


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PostPosted: Sun 14 Jun - 20:56    Post subject: Mon Jardin, mon Désert Reply with quote

T_T personne n'a commenté ce que tu as écrit mais moi j'adooooore !
Les autres ! Les autre !!!
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" l'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu "

*Baudelaire*


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Gazophylax


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PostPosted: Sun 14 Jun - 21:42    Post subject: Mon Jardin, mon Désert Reply with quote

TSAAAA ! Je n'avais pas vu que tu avais posté... honte sur moi.

Tu sais déjà ce que je pense de cette histoire. Pour faire simple, même si ce n'est aps mon genre de lecture, je trouve ça assez original et rafraîchissant...

Je serais heureux de lire d'autres de tes créations sur ce forum ^^
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Falki


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PostPosted: Mon 15 Jun - 15:35    Post subject: Mon Jardin, mon Désert Reply with quote

Merci à vous deux pour votre soutient, ça me fait plaisir de voir que ce que j'écris plaît à quelques uns Embarassed

Quand à d'autres écrits, je penserai à vous les envoyer par message quand ils seront finis ! (enfin, ça vaut surtout pour toi Gazophylax, car Analuna ne se laisse pas oublier si facilement ^^')
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Wolna
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PostPosted: Mon 29 Mar - 18:54    Post subject: Mon Jardin, mon Désert Reply with quote

Falki j' ai apprécié la lecture de ton texte, particulièrement la première partie.
Tout comme Gazophylax ce n' est pas mon style de lecture en temps normal, et pourtant j' aime.
C' est bien écris, rafraîchissant, original, et ça se lit très facilement.

J' adore le passage avec les livres, étonnant non ? Laughing

Je t' encourage vivement de nous faire découvrir tes autres textes.
Sinon pourquoi par message ? et pourquoi pas ici tout simplement ?

Sinon si tu le désire j' aimerais vraiment mettre ton texte sur mon blog tenseki, dans la rubrique vos écrits. ça me ferais plaisir que d' autres personnes découvrent cette nouvelle. Si tu es d' accord envoi un mp.
_________________
Wolna


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